Tervel, maîtresse du jeu
Unique rescapée de la génération championne du monde en 2003, Raphaëlle Tervel est une capitaine exemplaire pour les Bleues. Passionnée par la technique, elle met son expérience au service de ses coéquipières.
Chez les Bleues, chacune s'occupe d'un « Ministère ». Ministère des loisirs pour Paule Baudouin, ministère de la mode pour Mariama Sigmate. Quizz : de quel ministère a hérité Raphaëlle Tervel ? Du ministère du jeu bien sûr. « Raph, c'est une passionnée de hand, de technique et de tactique » raconte Paule Baudouin. Seule rescapée des « anciennes » championnes du monde en 2003, Raphaëlle Tervel fait office de grande s?ur dans cette équipe de France classe biberon. « J'essaie de donner un maximum de conseils. Je sais que si les filles ont une question ou quoique ce soit, elles peuvent venir me voir pour bien faire les choses sur le terrain et que tout le monde soit au point sur les annonces. »
Passionnée par sa discipline, exigeante et appliquée sur le terrain, Tervel est tout simplement « amoureuse du hand et du jeu » selon son entraîneur Olivier Krumbholz. L'ailière gauche de Bera Bera en Espagne attend donc avec impatience ces Mondiaux « pour voir les différentes équipes, leurs schémas de jeu, la manière dont elles ont évolué. » Pour observer et analyser donc. Mais pas seulement. Car à 30 ans et après plus de dix ans passés avec l'équipe de France, il manque encore une médaille à Raphaëlle Tervel : celle des Jeux Olympiques. « Ce Mondial n'est qu'une étape. Le vrai objectif, ce sont les JO de Londres en 2012. Il faut qu'on construise une équipe conquérante d'ici là. »
Et c'est pour cette échéance « mais aussi parce que je n'estime pas avoir l'âge de la retraite » que la handballeuse française a accepté de poursuivre l'aventure. Tant pis si pour cela il a fallu dire au revoir aux copines : « Les premiers stages post Pékin ont été bizarres. Tout le monde était parti. Mais ça ne sert à rien de regarder derrière. Je suis repartie à zéro avec une nouvelle équipe, pour une nouvelle expérience. » Et Si Wendling, Pecqueux-Roland, Nicolas et les autres ont quitté le navire, Olivier Krumbholz peut aujourd'hui compter sur cette joueuse d'expérience pour assurer la transition : « Raphaëlle a encore l'enthousiasme d'une cadette ! se réjouit le coach des Bleus. Elle a une véritable expérience de joueuse et connait très bien le contexte international. Je pense qu'elle sera entraîneur plus tard et elle est un élément majeur pour aider les filles à construire une réflexion par rapport à leur jeu. » Championne du monde en 2003, médaillée de bronze à l'Euro 2002 et 2006, la capitaine de l'équipe de France prend donc son rôle à c?ur. Par passion tout simplement.












