POLITIQUE / ROXANA MARACINEANU :
« Un engagement citoyen »
Roxana Maracineanu, première Française championne du monde de natation et huitième sur la liste PS des Hauts-de-Seine, se lance en politique, comme de nombreux anciens sportifs. Mais pour elle, c'est avant tout un engagement citoyen pour développer le sport dans sa région.
Roxana Maracineanu, vous êtes présente sur la liste PS des Hauts-de-Seine, pourquoi vous lancer en politique ?
Pour moi, c'est plus un engagement citoyen que politique. Je suis impliquée politiquement parce que je suis présente sur la liste, mais c'était plutôt par rapport à mon engagement associatif que je suis présente avec eux et surtout pour leur volonté d'ouvrir la liste à la société civile.
Quelle est la place du sport dans votre programme ?
Elle est de plus en plus importante. Le sport ne fait pas partie des compétences obligatoires de la région mais les responsables politiques s'y sont quand même mis, notamment pour construire des équipements sportifs. Ils ont lancé un grand « plan piscine » sur quatre ans qui fonctionne pas mal. Beaucoup de piscines en Ile-de-France en bénéficient et ils veulent maintenant l'étendre aux terrains de foot, de rugby, de foot en salle… A côté de ça, mon engagement associatif correspond à tout ce que fait la région. Je m'occupe d'aller chercher les femmes après l'accouchement pour leur dire de venir refaire du sport, se remettre en forme, par exemple. L'objectif est de rassembler les compétences et les ressources des associations d'Ile-de-France. On veut faire du sport un moyen de discuter sur d'autres aspects comme l'économie ou l'emploi. Je veux être à l'écoute et mettre en place des outils qui manquent aujourd'hui, et également créer un portail Internet de manière à ce que toutes les personnes en Ile-de-France qui veulent faire du sport s'y retrouvent, sachent où aller. L'Etat et le département se désengagent de tout ça et réduisent le plus possible les subventions aux associations.
Vous avez déjà eu une carrière sportive brillante, jusqu'où pensez-vous aller en politique ?
Pour l'instant je veux juste être au deuxième tour des régionales. J'ai insisté pour être en position éligible afin de vraiment participer et non pas seulement être un soutien de Jean-Paul Huchon (ndlr : le président de la région Ile-de-France). Ce qui m'intéresse, au delà de la campagne, c'est vraiment ce qui se passera après : le travail sur le terrain au conseil régional en matière de sport. Je n'ai pas la prétention d'aller vers d'autres domaines que celui je connais. Après, c'est aussi pour moi un moyen de découvrir ce que vous appelez la politique, un domaine que je ne connais vraiment pas. Mais si je me présente aujourd'hui aux régionales c'est aussi parce que ce sont des élections un peu particulières où on essaye de trouver des consensus sur tous les sujets.
En quoi votre expérience de sportive peut vous aider pour cette nouvelle carrière politique ?
En rien. Parler de combativité, esprit de compétition… tous ces trucs là, moi, je n'y crois pas trop. Ce n'est pas du tout ce qui m'a fait avancer dans ma carrière sportive. Dire que ça va me servir en politique, non ce n'est pas le cas. Mais j'ai aussi fait des études, une école de commerce et je connais bien le terrain, en tout cas celui de la natation. Je sais ce qu'est une piscine, je connais les gens qui y travaillent. Ma carrière sportive peut également m'aider à gagner plus rapidement une crédibilité auprès des gens qui vont être amenés à voter pour moi. Mais je ne pense pas que toute l'Ile-de-France va voter pour Jean Paul Huchon parce qu'il y a Roxana Maracineanu sur la liste !
On voit de nombreux sportifs français, comme David Douillet, qui se lancent en politique. Comment expliquez-vous cet engouement des anciens sportifs de haut niveau pour la politique ?
Je ne l'explique pas. Ce n'est pas parce qu'on est des sportifs qu'on a tous le même style d'engagement, chacun a son histoire personnelle. Certains préfèrent ouvrir un restaurant, d'autres se remettre à faire du sport...
Justement, on a vu le secrétaire d'Etat à l'écologie Chantal Jouanno revenir récemment sur les tatamis. Est-il possible de vous revoir un jour dans les bassins ?
A priori non. Il n'y a pas de lien entre ce que j'ai fait avant et la politique, si ce n'est ce que cela m'a apporté la compétence sur le terrain parce que je viens de ce milieu-là.
Si vous êtes élue, allez-vous vous éloigner de la natation ? Arrêter vos activités de consultante, par exemple ?
Non, justement je pense que c'est aussi pour cela qu'on m'a choisie. M. Huchon m'a dit « voilà on a besoin de gens qui viennent du terrain », donc aujourd'hui je travaille avec les associations. Je travaille aussi dans une piscine. Et puis en tant que consultante, je vais continuer tant qu'on aura besoin de mes services.
Propos recueillis par Alexis Delisse












