Krumbholz : « Besoin d'être dur »
Le tournoi de Paris Ile de France qui débute ce vendredi enclenche la dernière ligne droite avant les Mondiaux organisés début décembre en Chine. Un tournoi important où le coach, Olivier Krumbholz, veut voir une équipe capable d'élever rapidement son niveau de jeu.
Qu'attendez-vous de votre équipe pour ce tournoi de Paris Ile de France?
J'attends qu'elle gagne. A Paris, on n'a pas toujours été très performant, c'est le moins que l'on puisse dire, l'année dernière notamment. Je voudrais donc qu'on l'aborde avec beaucoup d'enthousiasme. C'est un tournoi qui a lieu devant notre public qui vient là pour voir du beau jeu. C'est aussi un tournoi très bien organisé qui réunit toute la famille du hand. Donc voilà, déjà pour ces raisons, je voudrais qu'on gagne.
Vous devez aussi avoir des attentes en termes de jeu à trois semaines du Mondial?
Je veux que l'équipe soit performante et bien sûr que ce tournoi soit une base de travail pour le Mondial. Ces derniers mois on a vu une équipe de France aux multiples visages et on sait qu'on aura besoin du meilleur si on veut espérer passer le premier tour extrêmement difficile du Mondial. J'attends donc beaucoup de choses de cette équipe, à court terme pour bien figurer sur ce tournoi de Paris et à moyen terme pour bien se préparer pour le Mondial.
Vous allez rencontrer le Monténégro, le Portugal et le Brésil. Quelle équipe vous fait a priori le plus peur ?
Je pense que le Monténégro, qui est notre premier adversaire, est une très grosse équipe avec d'excellentes joueuses qui devraient faire parler d'elles dans les mois ou les années à venir. Le test le plus important, ce sera donc ce match vendredi soir.
Pas le Brésil ?
Tout le monde a envie de dire que le plus gros match pour nous c'est le Brésil parce qu'on les rencontrera dès le premier match au mondial c'est vrai mais je ne suis pas sûr que ce soit les adversaires les plus redoutables. Le match de vendredi soir, c'est vraiment celui qui m'intéresse le plus à titre personnel.
Au-delà de ce tournoi de Paris, avez-vous déjà la tête en Chine ?
C'est certain. Parce que ça va être une compétition très difficile. On est dans un groupe d'enfer au premier tour et on sait tous que ce sera très difficile d'en sortir. On est concentré surtout sur cette première étape. Après on verra. Il y a cinq bonnes équipes sans compter le Congo qui ne sera pas facile et il n'y aura que trois qualifiés. Vous comprendrez donc que passer le premier tour est un vrai challenge pour cette jeune équipe de France féminine.
Vainqueur des Jeux Méditerranéens en juin, votre équipe s'est écroulée à la rentrée en World Cup. N'est-ce pas difficile d'envisager ces Mondiaux sans savoir de quoi est capable votre groupe ?
Ce qu'on voudrait c'est avoir la meilleure équipe en arrivant en Chine. On avait en juin une équipe fabuleuse qui a fait un match superbe face à la Croatie à Lyon (ndlr : match qualificatif au Mondial remporté 32-24 par les Bleues.) On n'a pas retrouvé ce niveau. Pourtant je pense qu'on peut le retrouver. Et je dirais même qu'il faut le retrouver avant de partir en Chine ! Aujourd'hui, c'est mobilisation d'énergie totale pour voir pourquoi on n'a pas le niveau qu'on pouvait avoir au mois de juin.
Un véritable casse-tête en somme?
Entrainer une équipe de sport co, c'est toujours un casse-tête mais ça l'est d'autant plus quand c'est une équipe jeune relativement instable. Il ya beaucoup de joueuses dans cette équipe qui ont des périodes fastes pendant un ou deux mois et après c'est la traversée du désert. Elles ne mettent plus un pied devant l'autre. Pourtant, on va avoir besoin de joueuses en pleine forme en Chine et elles le savent très bien. Elles savent que si elles n'arrivent pas performantes en Chine, jamais elles ne passeront le premier tour. Il n'y a donc pas d'échappatoire. Si on est moyens ou médiocres, on n'a aucune chance de passer ce premier tour.
Quelle méthode allez-vous adopter dans cette dernière ligne droite pour y parvenir ?
On travaille, on discute, on est rigoureux, on est dur même, mais je crois qu'elles en ont besoin. Elles ont besoin de cette dureté pour avancer. Le niveau nécessaire est peut être supérieur pour certaines à celui qu'elles ont en club actuellement. C'est comme quand vous jouez à la console, là il ne faut pas jouer à un niveau 1 ou 2 mais à un niveau 4 ou 5. Tout va aller plus vite. Mais je suis persuadé qu'elles en sont capables. Vraiment persuadé. Elles ont la possibilité d'élever très vite leur niveau grâce à leur talent bien sûr mais grâce à leur rigueur aussi.